« Bitcoin et Blockchain » édité par la revue Banque

J’ai lu hier Bitcoin et Blockchain. Vers un nouveau paradigme de la confiance numérique ? de Didier Geiben, Olivier Jean-Marie, Thibault Verbiest et Jean-François Vilotte. L’ouvrage est édité par la maison d’édition Revue Banque que je remercie vivement pour m’avoir généreusement envoyé un exemplaire du livre !
 
Je n’ai malheureusement pas lu le livre un crayon à la main. Aussi, il m’est difficile de donner des citations. Mais à chaud, voici mes impressions. 
 
Est-ce du à mon regard de prof ? Je ne peux faire autrement que rapporter d’abord quelques approximations « grossières ». 
Il me semble que les auteurs laissent entendre en particulier la suite d’implications suivante :
il y a plus de transactions échangées sur le réseau ==> 
la difficulté de minage augmente ==> besoin constant d’ordinateurs plus puissants.
Or, ceci est faux. Il s’agit simplement d’une question de compétition entre mineurs, une course effrénée au gain, c’est-à-dire au nouveau bloc. Le danger au contraire – et il est bien réel – est de miner des blocs vides. Certains mineurs peuvent être tentés en effet pour gagner quelques secondes de laisser tomber les transactions reçues (pas de perte de temps à les vérifier) ainsi que les frais de transaction qui vont avec et de se contenter uniquement du « coinbase » (la récompense qui est dorénavant fixée à 12.5 bitcoins). Voir à ce sujet un bon article récent de Pascal Gauthier, directeur de la start-up Kaiko, le Bloomberg du Bitcoin ! En plus de la référence vers son article, j’ajoute qu’avec « segwit », l’accès à la base de données des UTXO (« Unspent Transaction Output ») va être plus rapide, les vérifications des mineurs vont être plus faciles, et de plus les blocs pourront contenir davantage de transactions d’où plus de frais de transactions possibles en perspective pour les mineurs.
En fait, qu’il y ait plusieurs milliers de transactions dans un bloc ou qu’il n’y en ait qu’une seule (la coinbase), cela revient au même pour le mineur puisque l’essentiel du problème du mineur est le calcul de sa preuve de travail et celui-ci ne prend en compte que la racine de Merkle de l’ensemble des transactions reçues. Une fois calculée (c’est nécessaire), on cherche à résoudre la preuve de travail.
Par ailleurs, on fait généralement aujourd’hui la différence entre les blockchains publics/privés et ouvertes/fermées (« permissionless/permissioned »). Voir à ce sujet les articles de Bitfury Group et notamment celui-ci. Or, les auteurs n’en parlent pas vraiment. Par contre, ils donnent de nombreux exemples d’ « applications de la blockchain ». Il est ainsi question de la start-up Hedgy que je ne connaissais pas et qui proposerait des contrats futures sur un mode décentralisé. Malheureusement le site de hedgy est en contruction… J’attends de voir. Si c’est le cas, c’est très intéressant en effet…
La partie juridique du livre est particulièrement bien illustrée avec des textes de référence. C’est selon moi la véritable valeur ajoutée du livre. Je regrette cependant (mais on ne peut pas tout traiter) que les auteurs n’aient pas parlé du Japon qui aurait reconnu récemment le bitcoin comme une monnaie ou serait sur le point de le faire… Voir à ce sujet cet article dans The Cointelegraph et aussi cet article dans bitcoin.fr.
J’ai peut-être trop critiqué mais au final, c’est une assez bonne introduction au sujet. La partie maths a été évacuée du livre mais ce n’est pas plus mal. Un bon rappel de la naissance d’internet est donnée en conclusion. 
J’ai apprécié la lecture. Merci aux auteurs ! Par ailleurs, je signale que la Revue Banque a publié précemment un très bon petit livre (même collection, même format) sur l’univers des fin’tech : La révolution FinTech par Régis Bouyala.
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